Franck Solforosi médaillé de bronze aux Jeux Olympiques

Franck Solforosi médaillé de bronze aux Jeux Olympiques

Amat victoria curam, la victoire aime l’effort. Ce proverbe latin est une belle illustration de la vie d’un athlète comme Franck Solforosi. Il faut travailler avec acharnement pour plaire à la victoire et le visage de Franck une fois le coup de corne entendu nous a montré à quelle point cette médaille était importante pour lui. D’un seul coup en une fraction de seconde, tout s’est allégé, tout s’est éclairé. Il a réussi ! Ou plutôt, devrais-je dire, ils ont réussi ! Thibaud Colard, Guillaume Raineau, Thomas Baroukh et Franck Solforosi sont médaillés de Bronze en quatre sans barreur poids-légers.

Car oui cette troisième place est une victoire. Les Jeux Olympiques sont un évènement si particulier, si démesuré, si universel. Une médaille aux jeux c’est à la fois le jour de gloire de notre hymne national et la consécration d’une maitrise de sa discipline. L’enjeu est tel que tous les adversaires seront à l’optimum de leur performance. Le hasard ou la chance n’interviennent plus, tout est sous contrôle, tout a été vérifié, évalué, chacun sait exactement ce qu’il doit faire et chacun va le faire.

Bien entendu, nul n’est à l’abri d’une avarie ou d’un évènement inattendu. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé lors des séries où une mauvaise vague les a lestés de plusieurs dizaines de litres d’eau les reléguant à la quatrième place. Nous avions alors eu très peur pour la suite. Heureusement, dès la course de repêchages nous avons vu que ces rameurs étaient là pour gagner. C’est peut-être lors de cette course que j’ai vu cette sérénité, cette envie. Pas seulement l’envie de gagner mais l’envie de bien faire. Ils ne voulaient avoir aucun regret, ils voulaient effacer les mauvais souvenirs de Pékin et de Londres. Mission accomplie, ils gagnent le repêchage avec la manière et montrent à leurs adversaires qu’il faudra compter avec eux.

Le lendemain, mardi 9 aout, c’est déjà la demi-finale. La question de la fraicheur physique se posait face à des adversaires qui avaient une course de moins et 3 jours de récupération. Ils réalisent une superbe course très maitrisée, 3ème à 500m de l’arrivée derrière les italiens et les néo-zélandais ils réalisent un enlevage plein de promesses qui les classe 2ème derrière d’étonnant italiens. Mais surtout ils ont encore cette attitude exemplaire, ils sont concentrés sur ce qu’ils font, sur leur bateau et au fond d’eux ils savent qu’ils vont réussir. Dans deux jours ils seront en finale A pour la conquête de leur médaille.

Jeudi 11 août, le soleil se lève sur Rio. Une incertitude règne sur la météo, le vent va-t-il reporter la finale ? 12H20 en France, la nouvelle tombe : les courses sont maintenues. S’enclenche pour nos champions une longue procédure mainte fois répétée qui les mènera au ponton de départ pour la course la plus importante de leur vie. Ils n’auront aucun regret, unis par une sorte de pacte tacite. Le départ est donné, immédiatement ils se placent en tête sur les coups du départ. Prudents, ils temporisent quelque peu pour se classer 5ème aux 500m. Ils savent que la clé de leur course est le 1000 du milieu. Quatrièmes aux 1000m ils se placent 3ème à 500m de l’arrivée. Thibaud expliquera plus tard « « Nous savions qu’en distançant les Italiens, une médaille nous était promise ». Un bel enlevage les fait même espérer mieux, les Danois sont tout près mais la ligne est franchie. Médaille de Bronze !!!

Sur le ponton d’honneur, nos français font plaisir à voir tellement ils sont heureux ! 

Bravo à eux et bravo à Jérôme Déchamp leur entraineur. Vous cinq avez su plaire à la victoire !

Alexis Guérinot et Augustin Mouterde sont champions du Monde

Alexis Guérinot et Augustin Mouterde sont champions du Monde

Incroyable, phénoménal, époustouflant, fabuleux, historique, … quel mot exprime le mieux ce que nous venons de vivre ? Difficile à dire tant les sentiments se mêlent et s’entrechoquent. 

Augustin et Alexis sont champions du monde ! Un deux sans barreur poids légers entièrement composé de rameurs de l’Aviron Union Nautique de Lyon est champion du monde… C’est tout simplement un exploit historique. Comparable au titre de champion d’Europe du huit Marjo il y a 120 ans.

Mieux encore, la manière ! Partis en tête, la course semble promise à un duel franco-britannique. Les deux bateaux se détachent lentement et 65 centièmes de seconde les séparent aux 500 m. les Chinois sont encore dans la course et les danois ont 3 secondes de retard. Aux 1000 m, les danois sont revenus se mêler à la lutte pour le titre qui opposait notre équipage Français et le bateau anglais champion du monde depuis 2 saisons. 9 centièmes de seconde seulement séparent ces 3 bateaux. Un bord à bord époustouflant à 3 bateaux s’engage alors pendant plus de 750 m où chacun d’eux prend alternativement l’avantage sur son coup d’aviron. Passage au 1500m, les trois bateaux se tiennent en 11 centièmes, à peine 30 cm. Derrière, les autres sont loin : plus de 7 secondes de retard sur le trio de tête, la médaille est acquise ! Mais quel sera son métal ? Nous sommes confiants, nous connaissons la pointe de vitesse de nos champions mais ils ne décrochent pas leurs adversaires… Arrivent les bouées rouges des 250 derniers mètres, Augustin indique à Alexis qu’ils sont en tête à 250 m. C’est le signal ! Alexis lance l’enlevage, ils donnent tout ! La tribune gronde, les supporters hurlent et le bateau français s’envole ! La ligne est franchie, Alexis s’écroule dans le bateau, Augustin fait éclater sa joie dans un cri que nous avons entendu jusqu’à l’ile barbe puis attrape Alexis pour le serrer fort dans ses bras. Ils sont champions du monde !

Dans les tribunes c’est la folie ! les larmes coulent dans le camp français. Ils sont nombreux à avoir fait le déplacement à Rotterdam et connaissent bien ces garçons : Augustin bientôt 25 ans, arrivé cadet 2 à l'Union en 2006, est un habitué des pontons d’honneur, il collectionne les médailles aux championnats du monde mais jusqu’à aujourd’hui l’or lui échappait. Alexis Guérinot, tout juste 21 ans et déjà vice-champion du monde en 8+PL est lui pratiquement né au club, je me souviens de lui à trois ou quatre ans appelant son père Stéphane depuis la cour du club lorsque nous rentrions de nos sorties en huit. Il aurait pu courir en moins de 23 ans, si Jérôme Déchamp le chef du secteur PL, ne leur avait proposé ce pari : les associer pour aller gagner ce titre mondial. Un défi audacieux mais brillamment relevé par nos deux amis.

Quel mot exprime le mieux ce que nous venons de vivre ? C’est sans nul doute le mot bonheur. Un bonheur immense d’avoir vu nos deux amis Alexis Guérinot et Augustin Mouterde devenir ensemble champions du monde. Ils ont illustré à merveille la devise du club « Avant ! Avant ! Union le melhor » qui signifie en vieux Français « En avant ! En avant ! Ensemble nous sommes les meilleurs ».